Suis-je un bon parent?

10 octobre 2021 par
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La course à la perfection, à la meilleure méthode, à la meilleure façon de faire…

Quel que soit le domaine on a souvent tendance à chercher une façon de vérifier que l’on fait bien. Quand il s’agit de notre compétence de parent (ou autre) on se compare à la voisine Paulette, on prend de plein fouet les remarques de maman ou de belle-maman et parfois même au sein du couple, on n’est pas du tout d’accord sur la façon de faire.

Le bon parent est-il un mythe ou la réalité ?

Je sais que ce titre est assez racoleur. Mais je pense que c’est une bonne question!

Je te laisse réfléchir aux points suivants:

 Peux-tu dire qu’une de tes relations est parfaitement lisse? Sans incompréhensions? Sans émotions négatives? Sans prises de tête? Sans frustrations? Sans montagnes russes?

 Ton couple? Tes collègues? Ta famille? Tes amis?

Je crois que toute relation est faite d’arcs-en-ciel d’émotions, de cocktails de ratés et de réussites. Le plus important est que tous ces mélanges tirent plus vers le positif et l’harmonie.

Si ce n’est pas le cas il faut œuvrer pour restaurer l’équilibre ou prendre des décisions pour changer tout ça. Aujourd’hui on n’est plus obligé de rester «seul» face à des situations compliquées. On peut en parler, se faire accompagner.

Avec les enfants c’est pareil! Tout ne sera pas un long fleuve tranquille. (Tu le savais déjà? Mince je pensais tenir un scoop! 😄).

Même si tu es un parent informé/formé/éclairé, il n’y aura pas de solution ultime qui fonctionne tout le temps et à travers le temps.

Tu évolues, ton enfant évolue et grandit.

Chaque situation de vie est différente et chaque moment est perçu différemment par les uns ou les autres. Donc par moments les relations seront paisibles pour tous et à d’autres moments cris, pleurs, frustrations, colère, déceptions seront au rendez-vous.

Peut-on pour autant dire que tu es un mauvais parent si tu punis, si tu cries, si ton ado fait «connerie» sur «connerie»? Si tu n’arrives pas à gérer une situation, si tu as une phase durant laquelle tu n’arrives pas à lui dédier assez de temps?

Tu es là. Tu fais de ton mieux et tu donnes de l’amour. Non? C’est déjà beaucoup et si précieux. Parfois tu te sens démuni et tu n’y arrives pas?

Ce ne sont pas des moments faciles mais je suis sûre que tu cherches des solutions et que tu testes des choses.

Alors regarde-toi en face et dis-toi que tu fais bien! Tu peux surement optimiser des choses mais tu fais déjà très bien. Il est important dans sa parentalité comme dans tout le reste de regarder les deux parties du verre.

Chaque fois que tu doutes considère les deux aspects de la situation. Il y a toujours une autre partie que tu n’es pas en train de prendre en compte.

Tu es un TOUT et ce que tu fais est un TOUT. Il est utile de se «forcer» à regarder la partie que l’on oublie.

Oui ! Il y a des «mauvais parents» ! Je sais que je m’aventure sur un terrain glissant mais je vais quand même l’emprunter. Si j’écris un article sur le sujet je ne peux pas ne pas me «mouiller un peu».

 Il y a des parents qui ne sont jamais là, qui ne s’occupent pas de leurs enfants, qui considèrent que les nourrir et leur donner un toit est bien plus que suffisant.

 Il y en a qui les battent.

Il existe d’autres formes de maltraitance que la maltraitance physique comme la maltraitance psychologique avec ses humiliations en tout genre.

Les mots font bien souvent plus de mal qu’une «fessée» (oui je sais on ne devrait plus mettre de fessée 😏).

Je ne te parle pas de mots que l’on dit tous quand on est fâché ou quand on perd le contrôle de façon momentanée. Encore une fois un être humain a des émotions et perd parfois pied. Ça en soit, ce n’est «pas grave».

Je te parle de ces parents qui en permanence dénigrent leurs enfants, les rabaissent, les font se sentir comme des moins que rien.

J’écris ces mots en ayant à l’esprit que derrière tout comportement il y a une intention positive, celle de nourrir un besoin. Bien sûr, là, ce serait bien difficile de faire le tour de la question et de tenter d’expliquer les raisons qui poussent certains parents à ce genre de comportement. Mais j’ai envie de croire que ceux qui le font, le font pour des raisons qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes et n’ont pas toujours conscience de leurs actes.

L’être humain n’est pas toujours bon mais je n’ai pas envie de m’arrêter à cet aspect-là et je me dis que si tu lis mon article tu ne fais pas partie des «mauvais».

Alors avant de te coller l’étiquette de mauvais parent… réfléchis-y à deux fois. Quand tu le fais, tu te mets dans un état négatif et quand on se sent mal, on fait moins bien.


Alors pour moi cette histoire de bon parent ne devrait pas être une question que l’on se pose, en tous cas pas avec ces termes-là.


Se valider soi-même

Il y a toujours un courant à la mode, une nouvelle méthode pour nous donner la sensation que l’on ne fait pas assez bien.

On regarde Paulette qui a des enfants qui font tout bien, qui ne pleurent pas, ne crient pas et semblent ne jamais faire de «bêtises». Sa maison est bien rangée, elle fait 10 000 trucs dans une journée et en plus elle est toujours super soignée. Elle assure grave quoi! Et on aimerait trop être comme elle.

Petite info: Tu ne vis pas chez Paulette et tout ce qui brille n’est pas or.

Mais, imaginons un instant que cette Paulette parfaite existe… Tant mieux pour elle! Mais tu n’es pas elle et ta vie n’est pas la sienne. Quant à ta pote et ta mère qui viennent te dire que tu ne devrais pas faire comme si ou tu ne devrais pas faire comme ça… Tu peux donner de l’importance à ce qu’elles disent mais lorsque tu le fais tu mets à l’extérieur la validation de ta qualité de parent.

Ce n’est pas très clair? Je reformule.

Si tu laisses les autres décider de ta valeur en tant que parent (ou dans tout autre domaine de ta vie) cela s’appelle la validation externe. C’est autrui qui «juge», «évalue» ton aptitude à éduquer tes enfants, à faire quelque chose ou encore à être quelqu’un qui…

L’inverse, quand tu as tes propres critères pour vérifier si ce que tu fais est bien ou pas, cela s’appelle la validation interne.

Les autres peuvent avoir un avis et peuvent vouloir aider en donnant un conseil. C’est OK et cela peut être bienvenu. Là où ce n’est pas OK c’est quand tu donnes le pouvoir à l’autre de te faire te sentir «pas à la hauteur» et que l’autre porte un jugement «qualitatif» sur ce que tu dis et fais.

 Si c’est ton conjoint, il est peut-être utile de prendre en compte son point de vue.

 Si c’est quelqu’un à qui tu n’as rien demandé, tu peux gentiment le remercier pour son intérêt et sa volonté d’aider tout en lui disant que tu sais ce que tu fais et que tu gères la situation, même s’il lui (elle) la gérerait autrement.

C’est une façon plus ou moins courtoise de fermer la porte à l’autre. 😉

La validation interne

j’ai mes propres critères pour définir si c’est bien, si je suis sur la bonne voie, si je suis une personne qui…

Attention! L’inverse c’est «invalidation interne». Si tu as tendance à te dévaloriser, à toujours trouver que tu n’es pas à la hauteur. Tu peux chercher de la validation externe auprès de quelqu’un de bienveillant ou te faire accompagner pour prendre de la perspective et regagner confiance en toi quant à ton rôle de parent.

Donc la validation interne:

 Qu’est-ce que je fais bien?

 Quels sont les résultats positifs que j’obtiens.

 J’ai encore des zones de progrès mais j’ai déjà gagné du terrain sur…


La validation externe

 Les autres me donnent de la valeur ou m’en enlèvent.

 Je cherche dans les mots des autres, le regard des autres, un feu vert pour ce que je fais.

 Je cherche à être rassuré.

Les deux types de validation font partie de nous et un bon équilibre entre les deux peut s’avérer une bonne formule comme une validation interne exclusive par moments.

Une chose à garder en tête: la pure validation externe est à proscrire la plupart de temps.

Imagine un instant ton enfant… Si sa seule façon de faire/d’expérimenter passe par la validation d’autrui? Par la tienne, celle de l’enseignant, des copains… quelle influence penses-tu que cela aura sur son estime de soi?

Si sa valeur ne peut être mesurée que par des critères externes?

 À toi de lui transmettre ses propres critères de validation.

 À toi de créer les tiens pour toi.

Et rappelle-toi que le verre a toujours deux moitiés.

Respire! Tout va bien!

Je vais employer une expression un peu beaucoup familière: «Fous-toi la paix!» 😅

Décide ce que tu veux pour toi et pour tes enfants.

 Quel genre de relation souhaites-tu avec eux?

 Quel enfant/ado/adulte veux-tu qu’il soit demain?

 Que mets-tu en place pour avoir ce résultat?

Pourquoi rajouter un adjectif au mot parent? Enfin pourquoi dire bon ou mauvais parent? Pars plutôt du principe que:

 Tu es un papa, une maman avec son lot de forces et de faiblesses.

 Tu apprends au fur et à mesure… et c’est OK.

 Douter, perdre pied ça arrive dans chaque ère de la vie donc face à la parentalité également.

Que celui ou celle qui ne doute jamais, ne se plante jamais, lève la main!... Oui je crois que peu de mains vont se lever…

S’informer/se former

La bonne nouvelle c’est que, comme pour tout, tu peux apprendre!

 Comment ça non? Tu n’as appris à être parent, Non?

 Tes enfants ne sont pas venus avec une notice et tu n’as pas reçu le guide étape par étape de comment devenir parent.

Chaque parent vient au monde en même temps que son premier enfant.

Ernest Kramer

Alors lis! Informe-toi! Enrichis ta vision des choses. Je crois sincèrement que dans tous les domaines de la vie, se contenter du mode instinctif n’est pas suffisant. Encore moins lorsqu’il s’agit d’être humains et d’enfants.

Tu veux le meilleur pour eux alors informe-toi sur les points que tu penses devoir améliorer.

Aujourd’hui on peut découvrir plein de choses, les neurosciences nous apporte des clés précieuses de compréhension de nous-mêmes et de nos enfants. On ne sait pas tout, on ne comprend pas tout. Mais on ne devrait pas se contenter de se souvenir de l’éducation que l’on a reçue (les temps ont changé) ou de quelques vagues souvenirs de nous enfant… Je crois vraiment que l’on devrait se documenter un minimum sur l’enfant, son développement, ses besoins selon son âge, ce qu’on peut attendre de lui ou pas selon son âge.

Peut-être que toi tu lis sur le sujet mais c’est loin d’être une majorité.

Grandir ensemble… C’est là l’idée. Le jour où il est né c’était une nouvelle naissance pour toi, donc de nouveaux défis, de nouveaux apprentissages.

En conclusion

Je dirais que se demander si on est un bon parent est culpabilisant. Ça implique que tu pourrais être en train de tout faire mal et place ton attention au mauvais endroit.

Tu es parent et tu veux le meilleur pour ton enfant, point!

Les étiquettes ont la vie dure, ne t’en colle pas à toi-même. Tu ne te résumes pas à ce que tu fais dans une situation donnée, tu es bien plus que ça.

Dans une relation entre deux individus différents avec des besoins différents il y aura toujours des ajustements. Il faudrait, idéalement:

 que chacun puisse trouver le respect mutuel

 que chacun trouve sa place

 que les besoins de tous soient pris en compte.

Retiens aussi qu’il n’y a pas de mode d’emploi universel. Tu devras trouver ce qui fonctionne pour toi et ton enfant. Et ce qui fonctionne aujourd’hui ne fonctionnera peut-être plus demain.

Pas simple? Oui… c’est un travail de patience, un parcours… la vie en fait.

La vie est apprentissages… tu apprends, ils apprennent.

Alors prends soin de toi, prends soin d’eux ✨



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