Comment réagir aux notes de ses enfants?

3 octobre 2021 par
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La note

  Elle fait plaisir !

 Elle valorise !

 Elle terrorise !

 Elle humilie !

 Elle déçoit !

 Elle récompense !

 Elle stigmatise !

Si on prend le temps d’interroger les élèves, la plupart d’entre eux répondront qu’ils n’aiment pas l’école et même ceux étiquetés bons élèves.

On est bien obligé d’admettre que l’école n’a pas beaucoup de sens pour de nombreux enfants et adolescents. Ils ne savent pas bien ce qu’ils viennent y faire et ce qu’ils y font semble, bien souvent, déconnecté de ce qui les intéresse.

Oui je généralise et je l’affirme comme une vérité vraie et irréfutable. On sait bien que tout n’est jamais vraiment ni tout blanc ni tout noir. Mais sais que je ne suis pas si loin que ça de la« vérité ».

Mais il faut bien une note

Maman, je suis nulle, j’ai eu une mauvaise note !

Les notes ne définissent pas et ne devraient pas définir un enfant

Une jeune fille fière de montrer ses résultats scolaire

Les enseignants doivent évaluer.
On évalue des compétences, des savoir-faire avec une note chiffrée, des points de couleurs ou des sigles.
Même si aujourd’hui on évalue aussi des compétences dites transversales, je crois que notre façon d’évaluer mériterait une belle réforme. Laquelle ? Je n’ai pas toutes les réponses. Mais je sais que ce qui est en place n’est pas optimal.

Mais pourquoi les notes sont-elles perçues comme quelque chose pouvant être négatif?

Après un contrôle la note tombe.

 C’est-elle qui dit si l’élève est un bon élève ou réussit.

 C’est aussi elle qui le situe dans le groupe…

Ne compare-t-on pas la note d’un élève par rapport à la moyenne de la classe ? Non seulement la note donne le niveau de l’enfant mais en plus le situe par rapport à ses pairs.

Alors oui ça peut créer tout un tas de choses négatives:

 Des rivalités

 Du stress

 De l’incompréhension

 Une perte de confiance en soi

 Un rejet de l’école et parfois une phobie scolaire

Pour peu que les parents rajoutent une «pression supplémentaire» sur l’enfant (car ils veulent qu’il réussisse à l’école), cette histoire de note peut devenir très compliquée à gérer pour l’élève.

Alors il tente de s’adapter comme il peut:

Une famille faisant les devoirs des enfant ensemble

 Il travaille pour éviter de se faire gronder, de se faire punir, pour éviter de décevoir.

 Et parfois il travaille pour une récompense: un cadeau qu’on lui a promis ou par esprit de compétition, pour être le meilleur ou meilleur qu’untel.

 Il y a aussi ceux qui travaillent pour eux-mêmes. Mais dans ces cas-là il n’y a pas vraiment de problématique à gérer. Encore que… reste à vérifier.

Si je me réfère à mon passé de jeune élève, j’aimais l’école mais j’étais tout le temps dans la compétition. Je voulais avoir la meilleure note. Cela pouvait sembler bien mais, avec le recul, j’étais dans une boucle de jamais satisfaite, de besoin de perfection. Ça a été un vrai challenge à dépasser (et l’est encore parfois) dans ma vie d’adulte.

 Dans l’esprit de certains enfants, les notes conditionnent l’amour qu’ils vont recevoir de leurs parents.

Si je ne travaille pas assez bien, on ne m’aimera pas/ou on ne m’aimera plus ou on m’aimera moins...

Ils héritent sans le savoir du syndrome de la perfection. Tout ce qu’ils feront ne leur semblera pas assez bien et ils auront le sentiment de devoir en faire toujours plus et toujours mieux.

Je ne connais pas ton histoire à toi cher lecteur mais ce genre de pensées reste ancré longtemps en nous. Non?

Mais que faire face à la note du coup?

On ne peut l’ignorer! Elle est là et conditionne la scolarité de l’enfant, son accès à telles études ou telles autres et influence forcément son estime de lui-même.

 Ne pas se résumer à une valeur chiffrée

 Avoir son objectif à lui

 Savoir évaluer ses progrès

 Apprendre de ses erreurs

 Ne pas voir sa personne validée ou invalidée par une note

 Ne pas voir son estime de lui et sa confiance en lui vaciller à chaque note

Une famille faisant les devoirs des enfant ensemble

 Des enfants effacés, tristes, qui ont baissé les bras… Il y en a dans toutes les classes.

 Des enfants qui travaillent bien, à qui tout semble réussir, mais qui sont pourtant sous pression : il y en a plein les classes.

 Des enfants timides à qui on n’arrivera pas à arracher un mot, il y en a plein les classes.

 Des enfants qui ont des comportements « non adaptés » il y en a plein les classes.

 Des élèves « exemplaires » il y en a plein les classes aussi.

Tous, font face à la NOTE.

La note aura un impact! Quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse! L’idée est que cet impact touche le moins possible à la vision de soi de l’enfant (si cette vision est négative).

Chers parents

Aujourd’hui ce n’est pas aux enseignants que je m’adresse mais aux parents.

 Vos enfants croiseront beaucoup de profs dans leur scolarité, chacun avec leur façon de penser, de parler et leur pédagogie.

Vous ne pourrez pas (ou peu) agir là-dessus. Ce n’est pas vraiment sous votre contrôle.

 Parfois votre enfant ne coopérera pas ou ne sera pas en mesure de répondre aux attentes de ses enseignants :

 Il refusera de travailler

 Il sera en opposition envers toute forme d’autorité ou d’apprentissage

 Ou adoptera tout autre comportement dit inapproprié

Ce qui est sous votre contrôle c’est VOUS pas votre enfant et ses réactions.

Dans le cadre de cet article, je vous dirais juste que derrière tout comportement il y a un besoin. Un comportement indique qu’il y a un apprentissage à faire, des solutions à trouver pour répondre à un besoin.

Cela ne vous aide peut-être pas plus que ça, mais c’est un sujet que j’aborderai à plusieurs reprises. C’est une notion clé et qui mérite d’être approfondie.

Ce qui est sous votre contrôle c’est VOUS: votre façon de gérer la note et comment vous aiderez votre enfant à la percevoir, à la recevoir, avec bienveillance, positivité et fermeté (le cas échéant).

On pourrait aussi ajouter le «comment» vous pouvez aider votre enfant dans ses apprentissages mais ce n’est pas l’objet de cet article.

Comment gérer? Souvenez-vous de votre vous enfant!​

J’ai parfois l’impression que les adultes oublient ce par quoi ils sont passés eux aussi. Mais je sais que c’est plus complexe que ça, et personne n’oublie volontairement de se mettre à la place de l’autre.

Vous aussi vous avez été élève un jour:

 Vous avez votre propre vécu avec les notes.

 Vous avez vos propres croyances et vos attentes.

 Vous avez vos victoires et vos blessures.

Tentez de vous rappeler ce que ça fait et évitez (autant que possible) de placer votre enfant dans l’inconfort. Vous commettrez, comme tous les parents, des maladresses. Le plus important n’est pas là ! Vous êtes là, vous l’aimez et vous faites du mieux que vous pouvez. Et on peut toujours dire je n’aurai pas dû… Vous lisez cet article ! Vous avez donc conscience que vous pouvez optimiser certaines choses et c’est déjà beaucoup.

En tant que parent plusieurs postures s’offrent à vous

Peu importe celle que vous choisissez (je ne les développerai pas aujourd’hui).

Ici je véhicule l’idée d’une parentalité bienveillante et d’une discipline positive mais ferme.

La question que vous devez vous poser est: 

Comment voulez-vous inciter votre enfant à donner le meilleur de lui-même sans pour autant le réduire à une valeur chiffrée et tout en ne fragilisant pas sa confiance en lui et son estime de lui?

Effrayant, non?

Une maman montrant quelquechose du doigt à sa fille

Oui ça peut l’être et pourtant avec quelques règles clés et quelques idées ça ne peut ne pas l’être tant que ça.

Si on garde en tête et qu’on admet comme bonnes les idées suivantes, tout peut se passer « mieux » même si ce qui se passe en classe va à l’encontre de ce qui se dit à la maison.

  1. Donne le meilleur de toi.
  2. Tu as le droit de te tromper.
  3. Tu peux ne pas savoir.
  4. Sois content de toi!

1-Donner le meilleur de soi-même

 Le dépassement de soi

 Oser – faire – se dépasser

C’est une démarche qui demande d’avoir le courage d’affronter ses doutes/ses peurs. C’est découvrir le plaisir d’y arriver.

Cela s’apprend ! Ce n’est pas quelque chose d’inné.

La motivation c’est quelque chose qui est interne et se motiver pour une activité que l’on n’a pas choisie ce n’est pas simple, vous le savez bien ! Parfois même quand on l’a choisie on doit se « battre » pour maintenir la motivation dans le temps.

L’enfant n’a pas choisi ni l’école ni les enseignants, cela fait partie de ses obligations.

Une jeune étudiante ayant l'air motivée et satisfaite

Lui transmettre l’envie de se dépasser sans en faire pour autant un compétiteur est un des apprentissages fondamentaux à mon sens.

Quand il se décourage et baisse les bras, c’est sa confiance en soi qui se trouve impactée.

Parce qu’avoir confiance en soi c’est se sentir capable de faire quelque chose.

​ Un remède? L’encouragement et lui donner l’opportunité de s’entrainer.

J’aurai d’autres occasions de développer ce sujet.

2-Le droit de ne pas savoir

On peut ne pas savoir faire et ne pas avoir compris même si ça a été vu et revu. Ce droit ne va pas de soi et n’est pas du tout intégré dans la tête de nombreux enfants.

 L’enfant ne fait pas exprès de ne pas comprendre, comme ça, juste pour embêter son monde.

 Sécurisez-le par vos mots.

 Créez un climat de confiance qui lui permettra de dire qu’il n’y arrive pas.

Vous n’avez peut-être pas les moyens pédagogiques pour lui expliquer autrement mais vous pouvez tenter de voir ce qui est à sa portée et l’aider à au moins travailler cette partie-là.

Lui dire qu’il est nul, qu’il est lent, qu’il ne comprend rien et qu’on n’en tirera rien, n’aidera pas… ça c’est certain.

3-Le droit de se tromper

Apprendre c’est découvrir, c’est tester, c’est essayer, c’est répéter et c’est donc y arriver du premier coup, parfois, mais c’est aussi se tromper.

Quand on n’y arrive pas c’est un indicateur, ça montre que « comme on a fait, ça ne donne pas le résultat attendu ».

Au lieu de pointer l’erreur (les erreurs) d’abord féliciter pour ce qui a été accompli et encourager pour améliorer le reste.

 Qu’est-ce que tu as bien fait/réussi?

 Y aurait-il eu une autre façon de faire?

 As-tu remarqué que ça c’était bien ? Que penses-tu de…?

 Que pourrais-tu faire pour…?

 Comment je peux t’aider?

 De quoi aurais-tu besoin pour…?

On « juge »/analyse le travail fourni/realisé et pas l’enfant et ses compétences.

! Pas de tu es… Mais plutôt ce que tu as fait est, ton travail est…

4-Sois content de toi!

Un groupe de jeunes contents faisant un signe de la victoire le poing en l'air

Être satisfait de ce que l’on a réalisé n’est pas non plus quelque chose d’automatique.

Cela s’apprend!

Qui ne s’est pas auto-dévalorisé?

Comment être content de soi si la seule validation est la note comprise entre tant et tant?

Combien de fois j’ai entendu après avoir rendu une copie:

- Madame est-ce que c’est une bonne note?

Certains enfants sont « perdus » entre les attentes des profs et celles des parents. Ils semblent attendre leurs validations pour vérifier si c’est OK. 

Et quand je demande:

- Mais toi, es-tu content de ta note?

Parfois c’est :

- Non! Je n’ai pas assez travaillé...

Ou:

- Non! J’ai travaillé mais j’étais stressé et j’ai tout oublié...

Ou encore:

- Oui mais pour mes parents ce ne sera pas suffisant!

Je pense que vous voyez bien qu’il est indispensable que l’enfant puisse être satisfait de lui-même sans avoir à attendre l’avis de l’adulte. Vous pouvez surement pressentir les conséquences pour plus tard… Un truc du genre: le regard des autres sur ma valeur.

Quelques pistes pour l’aider

Avant le contrôle l’aider à voir ce qui est attendu et à s’y préparer.

Célébrer que ça a été fait (avant le contrôle) et cela peu importe le résultat chiffré, on a fait le job.

L’aider à voir ce qu’il a accompli au besoin

L’encourager

Un enfant est un être humain avec des émotions, des particularités, des ambitions pas un produit acheté sur Amazon à qui on met des étoiles pour évaluer sa qualité.

Je sais, je suis dure et j’exagère mais en plus de vingt ans de métier j’ai aussi côtoyé des parents très durs/exigeants avec leurs enfants.

La note n’est que le résultat chiffré de réponses attendues par un prof et qui sont plus ou moins subjectives, et, le degré d’exigence d’un prof à l’autre varie beaucoup.

Quelques objections qui pourraient surgir

Oui c’est bien beau tout ça… mais il doit avoir un certain niveau scolaire pour pouvoir poursuivre sa scolarité dans les meilleures conditions possibles.

C’est indéniable et je ne dis pas qu’il faut se contenter d’une note « médiocre ». Mais n’exigez pas de votre enfant ce qui n’est pas à sa portée. Tous les enfants ne peuvent pas viser ladite excellence académique se rapprochant du 20/20.

Est-ce vraiment le plus important?

Le plus important est qu’il se sente bien avec lui-même, de diminuer le niveau de pression et de stress et de l’aider à nourrir son image de lui-même et sa valeur autrement que par une note, non?

Personnellement j’aime à penser que je suis la somme de tout plein de choses et que ma valeur ne peut être définie par un seul critère et une seule personne.

Quel que soit l’adulte qu’il sera demain, n’aimeriez-vous pas qu’il soit en paix avec lui-même?

Prenez soin de vous, prenez soin d’eux ✨



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